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Spondyla quoi ? Qu’est ce que c’est que ça ? Vous avez régulièrement des douleurs dorsales, lombaires ou au niveau du bassin, et vous ne comprenez pas d’où vient le problème. Votre médecin généraliste vous a peut être parlé de cette chose avec un nom bizarre. Du coup, vous vous demandez surement : “C’est quoi une spondylarthrite ankylosante ?”, “Quel est le traitement ?”. Pas de panique, je vous en dis tout de suite plus sur cette affection rachidienne particulière. C’est parti pour un décryptage complet. Explications.

Qu’est ce que la spondylarthrite ankylosante ?

C’est une maladie inflammatoire articulaire chronique, touchant principalement le squelette du jeune adulte. Elle peut toucher aussi bien les hommes que les femmes. Malheureusement, cette maladie rachidienne reste encore mal connue à notre époque.

Elle se caractérise par une inflammation au niveau des articulations de la colonne vertébrale, du bassin et des sacro-iliaques. Les symptômes de la spondylarthrite ankylosante sont généralement des douleurs lombaires, dorsales ou sacro-iliaques. Soit unilatérales soit bilatérales. Il y a souvent des périodes plus aigües de douleurs, on parle alors de poussées inflammatoires.

Sans traitement spécifique, l’évolution va se faire par poussées et périodes d’accalmies successives qui risquent d’aboutir, avec les années, à un enraidissement complet des zones atteintes (rachis, bassin ou articulations sacro-iliaques). Heureusement, en étant prise en charge assez tôt, cette évolution reste assez rare de nos jours.

Comment différencier les types de spondylarthrite ?

Il faut savoir que la spondylarthrite ankylosante fait partie d’un ensemble de rhumatismes inflammatoires regroupés sous le nom de spondylarthropathies. Ces maladies présentent des symptômes en communs mais elles se différencient par les organes qu’elles vont touchés via l’inflammation. On recense ainsi :

  • les rhumatismes liés aux maladies inflammatoires chroniques de l’intestins (MICI) (Rectocolite Hémorragique, Maladie de Crohn)
  • les arthrites réactionnelles
  • le rhumatisme psoriasique
  • le SAPHO (Syndrome Acné-Pustulose-Hyperostose-Ostéite)

Quelles sont les causes de cette maladie ?

Les causes de cette maladie rachidienne reste encore méconnues, bien que des prédispositions génétiques sont certaines. En effet, près de 90% des personnes atteintes sont porteuses d’un gène particulier, dénommé le B27.

Mais cette prédisposition génétique ne suffit pas au déclenchement de la maladie. On sait aujourd’hui que des facteurs bactériens jouent également un rôle dans cette affection.

Comment la diagnostiquer ?

Votre médecin pourra vous demander de réaliser un bilan sanguin pour mettre en évidence le caractère inflammatoire de cette affection, et des radiographies à la recherche de lésions fréquentes (notamment sur le rachis, les talons et les sacro-iliaques).

Mais au tout début de la maladie, il est assez difficile de la diagnostiquer puisque les lésions radiologiques sont très souvent absentes lors des premières consultations. Et bien souvent, on ne prête pas forcément attention à ces douleurs dorsales ou lombaires qui nous paraissent plus ou moins banales.

En cas de spondylarthrite avérée, l’inflammation du départ va évoluer en se fibrosant. C’est à dire que les zones atteintes vont s’ossifier de plus en plus, et finir par s’étendre vers les tendons ou les ligaments. Sans traitement spécifique et avec les années, les articulations vont devenir rigides. On dit qu’elles s’ankylosent.

Cela peut se traduire par différents signes radiologiques facilement reconnaissables. Les contours osseux vont d’abord devenir flous, puis s’épaissir petit à petit dans le temps. Puis, des proliférations osseuses en formes de stalagmites ou stalactites apparaissent. Peu à peu les vertèbres vont se souder entre elles. On retrouve alors un aspect de colonne “bambou” dans les stades les plus avancés.

Cependant, même si les résultats des radiographies sont normaux, on ne peut pas écarter totalement le diagnostic de spondylarthrite ankylosante. Dans ce cas, il faut prendre l’avis d’un rhumatologue qui est le spécialiste qui connaît le mieux cette maladie.
Ce spécialiste s’appuiera sur des critères diagnostiques qui ont été mis au point. En France, on se sert des critères d’Amor ou des critères Européens.

Quels sont les symptômes courants ?

Certains symptômes évocateurs doivent vous alerter et vous inciter à consulter un médecin. Par exemple si :

  • les douleurs sont plus importantes le matin au réveil
  • les douleurs vous réveillent en pleine nuit
  • le repos ne calme pas vos douleurs, mais la situation s’améliore au cours de la journée
  • les articulations et la colonne vertébrale sont souvent raides et vous font souffrir
  • les douleurs matinales touchent parfois le talon gauche, le talon droit ou les 2

Retenez que plus la spondylarthrite ankylosante sera diagnostiquée tôt, plus il sera possible de mettre en place une prise en charge rapide et efficace. Ainsi, il sera beaucoup plus facile de soulager vos douleurs et d’éviter des éventuelles complications.

C’est pourquoi il ne faut pas attendre en cas de symptômes douloureux. Votre médecin sera le plus à même de faire un examen clinique et de déceler l’origine de votre problème.

Que faire contre la spondylarthrite ankylosante ?

1- Réduire l’inflammation

Le traitement repose sur une prise en charge globale, c’est à dire des médicaments mais surtout des exercices de rééducation physique et une meilleure hygiène de vie globale. Donc la première des choses est de rester actif tous les jours. Le mouvement est la clé. Plus vous bougerez et mieux ce sera pour vous, car la spondylarthrite ankylosante est plus difficile à traiter si on ne bouge pas suffisamment.

L’inflammation provoque des raideurs et une perte d’amplitude articulaire. Donc des exercices de renforcement musculaire et des assouplissements peuvent être réalisés à domicile pour lutter contre l’enraidissement de la colonne vertébrale. Le but est de conserver une grande mobilité et ne pas laisser ces raideurs s’installer. L’apprentissage des bons gestes et des bonnes postures peuvent aussi vous aider à soulager vos douleurs.

2- Améliorer son hygiène de vie globale

La deuxième chose est de se focaliser sur son alimentation quotidienne, qui doit être le plus anti-inflammatoire possible. En effet, vous devez opter au maximum pour des aliments sains, naturels et éviter au maximum les produits industriels et transformés. Augmentez votre apport en fruits, légumes, légumineuses et poissons gras afin de réduire considérablement les douleurs.

D’autre part, il a été suggéré que des régimes pauvres en gluten et sans lactose conduisaient à une activité plus faible de la maladie. Bien qu’elles soient extrêmement populaires dans notre monde moderne, les céréales, et notamment le gluten du blé, augmentent la perméabilité intestinale. Favorisant très probablement une inflammation plus sinueuse qui stimule le développement de certaines maladies auto-immunes.

Pour en savoir plus, je vous suggère la lecture de cet article : Comment soulager le mal de dos par l’alimentation

Autre élément important à ne pas négliger : votre sommeil ! Il doit être suffisant, de qualité et adapté à vos besoins. Vous devez dormir, en règle générale, entre 7 et 9 heures par nuit. C’est une fourchette assez large qui fonctionne pour la grande majorité des personnes. Si vous manquez de sommeil, vous risquez d’affaiblir votre système immunitaire et cela risque de générer encore plus d’inflammation.

3- Dire stop au tabac

L’arrêt du tabac est aussi quelque chose de bénéfique pour traiter les douleurs de la spondylarthrite. En effet, de nombreuses études ont déjà démontré que le tabac augmentait la fréquence des poussées inflammatoires.

Encore une fois, l’individu doit être au centre de l’action. Vous l’avez compris, la mission principale est de combattre cette inflammation. La meilleure des stratégies est de poursuivre tous ces efforts quotidiennement pour freiner la maladie et vivre dans un corps sans douleur.

4- Mobiliser et renforcer son dos

Voici 3 exercices pour vous aider à prévenir les douleurs dorsales :

L’exercice du chat

exercice du chat pour spondylarthrite ankylosante

Cet exercice est idéal pour redonner une certaine liberté de mouvement dans toute la colonne vertébrale.

Positionnez-vous à quatre pattes. Poussez les deux mains dans le sol tout en faisant le dos rond sur l’expiration. Puis à l’inspiration, faites le dos creux. Au fil des répétitions, vous devez sentir un relâchement des tensions dans le dos.

À noter que vous n’avez pas besoin d’aller dans de grandes amplitudes, ni de forcer pour obtenir un mieux être.

Exercice du W et du Y

exercice renforcement haut du dos

C’est un très bon exercice pour réveiller et réactiver tous les petits muscles autour des épaules et du haut du dos.

Pour cela, asseyez-vous au sol avec les jambes en tailleur. L’ensemble du dos doit être bien plaqué contre le mur. Puis vous allez positionner vos bras en forme de “W” au niveau du mur. Puis vous allez faire coulisser les bras le long du mur jusqu’à obtenir une sorte de “Y” tout en gardant les épaules, les poignets et les avant-bras collés contre le mur.

Faites entre 10 et 20 répétitions quand vous avez un moment de libre dans votre journée.

Squat au poids de corps

squat au poids du corps

Le squat est un exercice polyarticulaire très intéressant pour renforcer à la fois le dos, la sangle abdominale, les jambes et les muscles fessiers. Bien exécuté, il vous aidera à muscler votre bas du corps et ainsi soulager votre dos.

Quelques points clés sont à respecter pour garantir l’efficacité de cet exercice :

  • Basculez bien les fesses vers l’arrière. Le poids du corps doit être sur les talons. Vous pouvez utiliser un support (canapé, chaise, bord du lit) derrière vous pour apprendre à contrôler la descente.
  • Utilisez la contraction des muscles fessiers pour remonter en position de départ. Pour cela évitez d’avoir les genoux qui plongent vers l’intérieur mais plutôt vers l’extérieur
  • Utilisez les bras tendus pour contrebalancer votre corps

Quel sport peut-on pratiquer ?

C’est une question qui revient assez souvent. Sachez qu’il n’y a pas de sport meilleur qu’un autre tant que vous bougez et que vous restez à l’écoute de votre corps.

Contrairement à une croyance populaire qui a la peau dure, aucune activité physique n’est à bannir en particulier. Ni à privilégier non plus d’ailleurs. Toute activité est bonne tant qu’elle ne provoque pas de douleurs et qu’elle vous apporte du plaisir.

L’enjeu n’est pas de se forcer à bouger plus, mais de pratiquer un sport dans la durée et de manière régulière. Le but est de remettre progressivement un corps douloureux en mouvement. Cela nécessite donc une forme de dosage.

Disons que les sports non traumatiques comme la marche, le vélo, la natation sont les plus souvent recommandés. Mais rien ne vous empêche de faire de la course à pied, du tennis ou même du squash si vous aimez cela.

Références :

https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/25447326/?from_term=ankylosing+spondylitis&from_pos=1

https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/28860095/?from_term=ankylosing+spondylitis+treatment&from_pos=2

https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/29860356/?from_term=ankylosing+spondylitis+treatment&from_pos=3

https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/30345001/?from_term=ankylosing+spondylitis+treatment&from_pos=4

https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/28983663/?from_term=ankylosing+spondylitis+treatment&from_pos=6

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