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Comment ça ? Vous avez mal en bas du dos et vous n’avez pas passé d’IRM du rachis lombaire ? On vous a dit qu’il fallait absolument voir un ostéopathe spécialiste en craquage de vertèbres pour faire partir les douleurs ? Et vous avez entendu dire qu’une opération était certainement l’ultime solution pour venir à bout de vos douleurs ? Du coup vous êtes super stressé(e)…

Si vous n’avez jamais vraiment réussi à vaincre votre lombalgie chronique, c’est certainement parce que vous utilisez des méthodes qui ne fonctionnent pas. Mais ce n’est pas de votre faute. Il y a beaucoup de fausses croyances qui circulent sur le mal de dos. Il est donc très facile de s’y perdre. On respire profondément et on va mettre ensemble un bon coup de pied aux idées reçues pour comprendre comment en finir avec la lombalgie chronique.

1 – La douleur s’explique toujours par une anomalie trouvée sur un examen

FAUX ! On ne peut pas forcément faire un lien direct entre ce qu’on voit sur les examens (scanner, IRM, radiographies) et ce que vous ressentez. Généralement, on retrouve des anomalies récurrentes : un petit peu d’arthrose, un petit peu moins d’espace entre 2 vertèbres, une dégénérescence discale… Tout cela, ça fait peur. Mais cela n’a rien d’extraordinaire.

Vous pouvez avoir une anomalie sur une IRM et ne pas avoir mal. On sait aujourd’hui qu’il y a énormément de personnes qui ont des résultats d’IRM jugés “anormaux” mais qui ne présentent pourtant aucun symptômes douloureux. Et à l’inverse, on peut avoir un bombement discal ou une hernie et avoir mal. Mais c’est très difficile d’établir un lien direct car ce n’est pas forcément la cause UNIQUE !

N’ayez plus peur des résultats

Ces examens d’imagerie sont malheureusement plus anxiogènes que bénéfiques. Pourquoi ? Parce qu’à la sortie, vous pensez bien souvent que vous avez un dos fragile, qui présente pleins de défauts. Un diagnostic avec un nom qui fait peur, ajouté au discours effrayant d’un médecin ou de votre entourage n’arrangent rien. Cela ne peut qu’accentuer vos douleurs.

En fait, dans son compte rendu, le radiologue va tout simplement analyser votre colonne et la comparer avec un schéma idéal, comme dans un livre. Il va chercher la moindre petite anomalie. Ces observations représentent donc une comparaison entre une colonne parfaite, tirée d’un livre d’anatomie, et votre colonne à vous. Mais dites-vous bien que la colonne parfaite n’existe pas !

Votre dos est normal

On va forcément trouver de l’arthrose, des compressions de disques, des protrusions discales etc… Et on va essayer de faire un lien entre votre douleur et le résultat de l’examen. Mais malheureusement, ce n’est pas si simple que ça… C’est bien souvent un ensemble de facteurs qui sont à l’origine de votre mal de dos, et non une anomalie spécifique retrouvée sur une imagerie.

Retenez que dans la grande majorité des problèmes de dos, il n’y a donc pas de cause anatomique précise pouvant expliquer vos douleurs ! Disons que dans 1% des cas, vous pouvez avoir une pathologie sérieuse qui nécessite un traitement (cancer, infection, fracture…).  Dans 5 à 10 %, il peut y avoir une cause précise liée à l’imagerie mais c’est vraiment très peu ! Et dans 90 % des cas on ne trouvera pas de cause précise sur les examens.

2 – Il faut arrêter de bouger et rester au repos pour soigner une lombalgie chronique

Quand on a un mal de dos intense, on va naturellement rechercher la sécurité en diminuant ses activités et en bougeant moins. C’est normal ! Mais sur le long terme, cela pose problème. Vous ne devez pas rester inactif. Pour réduire vos douleurs, une partie de la solution consiste à se ré-aventurer progressivement au delà de sa zone de confort. Bien entendu, ne vous lancez pas dans des activités trop compliquées.

Mais une chose est sûre. N’ayez plus peur de faire vos activités préférées ! Ce qu’il faut comprendre en cas de douleurs chroniques, c’est que la récupération ne peut pas se faire en quelques jours, ni même en un mois. C’est quelque chose qui se fait sur le long terme. Et cela arrivera à condition de persister dans une bonne direction, avec un bon environnement et un bon état d’esprit.

Si je devais donner un conseil important, c’est de se fixer un objectif à atteindre. Par exemple :  trouver une activité qui vous manque, que vous avez dû arrêter à cause de la douleur ou de la peur. Parce qu’on vous a dit que ce n’était pas une bonne idée. Et faites en sorte de pouvoir reprendre cette activité. Établissez un plan pour pouvoir refaire des mouvements qui vous posent problème. Et n’hésitez pas à vous faire coacher.

3 – Seul un produit ou une solution miracle pourra me guérir

De nombreux commerciaux (ou thérapeutes) voudront vous faire croire que votre mal de dos est dû à un problème unique. Dans le but de vous vendre la solution miracle à ce fameux problème. Or, aujourd’hui on le sait, de multiples facteurs peuvent influencer la douleur. Et vous êtes au coeur du changement. De nombreuses choses peuvent aider les personnes qui ont mal au dos à se sentir mieux. L’essentiel est de réussir à trouver quels sont ces éléments qui vous sensibilisent, et vous rendent plus vulnérables.

Identifiez les choses qui vous déclenchent de la douleur et en même temps celles qui vous soulagent. Une partie de ce travail peut être faite avec un thérapeute (kiné, ostéo,…) et l’autre par vous-même. C’est un travail personnel qui ne peut pas être réalisé à votre place. Et c’est bien souvent là qu’est la véritable clé de la guérison. Cet auto-traitement.

Ne croyez pas que la solution vous sera servie sur un plateau ou qu’un objet miracle trouvé sur le net pourra vous soigner définitivement. Je peux vous le certifier. Le produit miracle n’existe pas. Tout traitement passif où la personne souffrante ne participe pas, ne bouge pas et ne fait aucun effort n’apportera malheureusement aucun résultat. Ce n’est peut être pas très vendeur mais c’est pourtant la vérité.

4 – Un thérapeute doit me “remettre en place” parce que j’ai une “vertèbre déplacée”

On entend souvent cette phrase sortir de la bouche de quelqu’un qui souffre de lombalgie chronique. En vérité, le seul moyen d’avoir une vertèbre déplacée (ou fracturée) est de subir un gros choc ou un traumatisme violent. Comme un accident de voiture par exemple. Autrement, ce n’est anatomiquement pas possible de déplacer un os ou une vertèbre.

Beaucoup de personnes associent le bruit que fait le craquement d’une articulation (lors d’une manipulation chez l’ostéo par exemple) avec le fait que le dos soit “remis en place”. Mais c’est totalement faux. Le bruit ne correspond pas au craquement d’un os. Un os qui craque, c’est tout simplement une fracture. Le bruit vient en fait de l’implosion d’une petite bulle présente dans le liquide synovial.

Et cette impression d’être “bloqué” vient du fait d’avoir des muscles spasmés, contracturés qui limitent le mouvement normal d’une vertèbre ou d’une articulation. À la sortie d’une manipulation ostéopathique, les muscles sont plus détendus autour de la zone mobilisée, mais rien n’a été “remis en place”. L’ostéo ou le kiné vous a simplement fait gagner en amplitude articulaire. Il a redonné de la mobilité en quelque sorte.

Dans tous les cas, consulter un professionnel de santé ne peut pas vous faire de mal. Il pourra vous conseiller, vous apporter une certaine éducation posturale et vous rassurer. Son but est de vous guider vers l’indépendance en vous transmettant ses connaissances.

Et parfois, on a besoin d’entendre de la part d’un médecin ou d’un kiné : “non, cette activité n’est pas dangereuse pour vous. Vous pouvez recommencer ces choses là”. Ou bien “Oui, vous avez le droit de faire cela”. Cela peut paraître simpliste comme conseil, mais c’est une étape importante dans le processus de guérison des douleurs chroniques.

5 – Les douleurs sont dans la tête

On entend souvent parler de douleur “psychologique”. À croire que la douleur n’existe pas et qu’il suffit de ne plus y penser pour la stopper. En fait, ce n’est pas si simple. Nous réagissons tous de manière différente face à une situation. Mais disons que votre manière de penser, votre état d’esprit et vos émotions peuvent influencer positivement ou négativement votre douleur.

C’est vrai que le signal douloureux est créé par le cerveau dans 100% des cas. Mais cela ne veut pas dire que cette douleur n’est pas réelle. Une même blessure peut être vécue de manière très différente d’une personne à une autre. Et l’intensité de la douleur peut être modulée par de nombreux éléments comme votre environnement, votre niveau de stress, vos expériences, votre passé etc…

Si vous avez une lombalgie chronique qui dure depuis plusieurs mois voire plusieurs années, votre système nerveux s’est adapté et est devenu “hypersensible” en quelque sorte. C’est à dire que la douleur sera beaucoup plus amplifiée que la normale. Heureusement, il existe des moyens de changer cette situation. L’enjeu principal est de réussir à identifier les facteurs négatifs chez vous qui accentuent la douleur et ceux qui au contraire vous soulagent.

6 – Le mal de dos est définitif

Autre idée reçue : croire que son problème de dos est irréversible. Il est toujours possible de progresser et de reprendre des activités qui ont du sens pour vous et qui vous rendent heureux. Même après des années de douleur, le corps est toujours capable de s’adapter et se développer. C’est ce qu’on appelle la bioplasticité. Que vous ayez 20, 40 ou 70 ans, ce principe est toujours vrai.

Vous pouvez commencer par quelque chose de simple. On voit souvent la lombalgie chronique comme quelque chose de définitif. Mais c’est faux. Parfois, cela peut être long et difficile, mais c’est faisable. À mon sens, pour y arriver, il faut savoir s’entourer de personnes positives, qui vous valorisent et qui vous mettent en confiance. Vous n’êtes ni fragile, ni trop faible, ni cassés. Et c’est super important à comprendre !

Car la douleur et ses conséquences sur votre moral peuvent vous faire croire que vous êtes trop fragiles ou que vous n’arriverez jamais à faire face. Et ce ressenti peut faire parti du problème à part entière. Aux personnes qui ont mal au dos depuis des années, on répète sans arrêt de faire sans cesse attention. Ou bien on leur rabâche qu’elles risquent de se blesser à chaque instant. Il y a certainement quelque chose à améliorer de ce point de vue là.

7 – Une opération va soigner définitivement ma lombalgie chronique

Je vais peut être surprendre quelques personnes, mais la chirurgie du dos n’est pas non plus une solution miracle. Elle est souvent envisagée en dernier recours, après échec de la plupart des traitements médicaux. Mais l’opération ne vous rendra pas un dos tout neuf. Loin de là. Il faut en être conscient. Subir une arthrodèse lombaire sans changer ses habitudes de vie est pour moi un non-sens.

Certes, chez certains patients cela peut fonctionner. Mais on remarque aussi qu’il y a beaucoup de rechutes quelques semaines ou quelques mois après l’opération. En plus de ça, personne n’est capable de vous dire comment vous serez après avoir été opéré. Il y a une période plus ou moins longue de repos et de la rééducation à faire.

Mon but n’est pas de vous faire peur, mais simplement de vous faire prendre conscience que cela ne marche pas à tous les coups. Certaines personnes se sentent bien, et d’autres continuent de souffrir malgré tout. Dans tous les cas, pour aller mieux, il est impératif d’apprendre à mieux se connaître et d’utiliser son corps différemment.

Cet article est maintenant terminé. J’espère qu’il vous aura plu et que vous aurez appris un peu plus de choses sur ce fléau qu’est la lombalgie chronique. N’hésitez pas à partager, commenter et rejoignez-moi sur les réseaux sociaux !

Lisez aussi : Tout savoir sur la discopathie L5-S1

PS : Maintenant il faut agir. Car vous êtes le moteur du changement et de votre progression.

PPS : Si vous souhaitez vraiment en finir avec vos problèmes de dos, alors vous devriez cliquer sur ce lien pour recevoir une série de 5 vidéos offertes et commencer à vaincre vos douleurs dès aujourd’hui.

Références :

https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0140673699013124

https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/article-abstract/414769

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/32330315

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/32331301

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